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Le Phénomène Des Réfugiés De L’Environnement
Les catastrophes environnementales déplacent plus de gens que les guerres.

Ayant grandi dans la province mongole pittoresque d’Arkhangai, Chatrabal Choijamts n’avait jamais imaginé devoir un jour vivre en ville. Comme de nombreuses générations avant lui, il était gardien d’un troupeau composé d’une centaine de vaches, moutons, chèvres et chevaux.

Shinedaray, 18 ans, s’occupe des animaux dans un centre agricole de Vision Mondiale pour les jeunes en Mongolie. Ce centre, situé aux abords d’Oulan-Bator, la capitale, développe des compétences en élevage et en production légumière.

Un couple se réconforte mutuellement après qu’un dzud dévastateur ait décimé leur troupeau en Mongolie.

Puis, il y a quatre ans, Choijamts et sa femme ont dû mettre fin à leur mode de vie traditionnel. Leurs dernières bêtes venaient de succomber, victimes d’un chapelet de sécheresses et de dzuds. Un dzud est un ensemble de conditions météorologiques extremes incluant des températures chutant à 40 degrés sous zéro, de lourdes chutes de neige et des vents forts. Combinées, ces conditions entraînent la famine chez les animaux et se soldent par une mortalité massive. « J’ai vu du bétail gelé sur place, toujours debout dans les champs, dit Choijamts. Les gens pleuraient. Sans nos animaux, notre mode de vie est condamné.»

Les dzuds ne sont pas un phénomène nouveau pour les gardiens de troupeaux mongols. Mais depuis quelques années, ils sont devenus beaucoup plus rigoureux et fréquents. Effectivement, dans l’ensemble, la Mongolie a été soumise à des régimes climatiques extrêmes incluant sécheresses, tempêtes de sable et dzuds. Les experts en climatologie établissent un lien direct entre ces évènements et le fait que la temperature moyenne en Mongolie a augmenté de près de deux degrés Celsius dans les 60 dernières années.

« Les dommages clairs et de plus en plus fréquents occasionnés par les catastrophes naturelles au pays en raison des changements du climat mondial menacent directement les moyens de subsistance et la santé des Mongols, » déclare Pratibha Mehta, coordonnatrice-résidente du système des Nations Unies. Entre 1999 et 2003, le gouvernement mongol signale que les dzuds ont entraîné la mort de 25 pour cent des troupeaux d’animaux du pays. Par conséquent, des dizaines de milliers de gardiens de troupeaux Mongols comme Choijamts sont forcés à migrer.

Cette tendance se dessine à travers la planète. Les conditions météorologiques extrêmes, tels les dzuds, les inondations et les ouragans, créent une nouvelle catégorie de gens connus sous le nom de « réfugiés de l’environnement ». Selon les Nations Unies (ONU), il existe déjà 25 millions de ces réfugiés à travers le monde. Ils sont plus nombreux que les réfugiés fuyant les guerres ou les représailles politiques.

« Nous entrons dans une période critique, dans laquelle le réchauffement planétaire a déjà eu de graves repercussions sur les vies et la santé et ce problème menacera encore plus dangereusement l’humanité dans les prochaines décennies si nous n’intervenons pas immédiatement », prédit le docteur Shigeru Omi, directeur régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour la region Pacifique Ouest.

Pour aider des familles de Mongolie à rebâtir leur vie, Vision Mondiale a fourni les matériaux et la formation nécessaires pour construire des yourtes (structures traditionnelles semblables à des tentes composées d’un cadre de bois recouvert d’un feutre de laine).

À travers la planète, les exemples abondent. Les pluies torrentielles qui se sont abattues le long du fleuve Zambèze en Afrique, plus tôt cette année, ont provoqué des inundations qui ont fait plus de 92 000 sans-abri.

L’an dernier, au Bangladesh, de graves inondations ont submergé les deux tiers du pays et déplacé des centaines de milliers de personnes. Près de 450 000 personnes se sont retrouvées sans-abri l’an dernier suite aux pires inondations des 25 dernières années en Bolivie.

Le Programme de développement des Nations Unies signale que 98 pour cent des 262 millions de personnes touchées par des catastrophes entre 2000 et 2004 provenaient de pays pauvres.

Ce sont souvent les plus pauvres au monde qui habitent les régions les plus vulnérables aux changements climatiques telles que les côtes, les plaines inondables et les fortes pentes. Lorsque vous combinez cette réalité à l’élévation du niveau de la mer et à l’intensité et au nombre croissant des tempêtes, les changements climatiques risquent d’entraîner de nouvelles vagues de migration engendrées par l’environnement.

Tumun-ultzi, 5 ans, joue dans le sable près de sa demeure à Oulan-Bator. Les changements climatiques accélèrent la désertification en Mongolie, menaçant les moyens de subsistance de milliers de familles.

Des gardiens de troupeaux mongols découvrent que souvent, seuls les chameaux survivent aux hivers rigoureux de leur pays.

« L’équité est une question capitale. Bien que le climat ait une incidence sur nous tous, il ne nous touche pas tous de la même façon », explique Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU aux délégués d’une conférence de l’ONU sur le climat en Indonésie en décembre dernier. « Ceux qui sont les moins équipés pour y faire face sont les plus durement touchés. Ceux qui sont les moins responsables du problème en subissent les plus graves répercussions. »

Ki-Moon prédit également que les conditions météorologiques et les régimes climatiques changeants pourraient détruire les progrès accomplis pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (voir l’à côté à la page 19). Selon lui, les variations dans les chutes de pluie et les évènements météorologiques ne feront qu’alourdir le fardeau des pays pauvres qui affrontent déjà des défis importants en raison de l’insécurité alimentaire, du VIH et du sida, de la deterioration de l’environnement et des conflits armés. L’atteinte du 7e objectif des OMD, qui consiste à assurer la viabilité de l’environnement, est compromise alors que les changements climatiques exercent une influence négative sur la qualité et la productivité des ressources naturelles et des écosystèmes, possiblement de façon irréversible.

« Il deviendra beaucoup plus difficile pour de nombreuses régions de pratiquer l’agriculture ou l’élevage. Contrer et apprivoiser les effets des changements climatiques nécessitera des stratégies adaptatives et une collaboration de premier ordre entre les gouvernements, la société civile et le secteur privé », déclare Otto Farkas, directeur des interventions d’urgence pour Vision Mondiale. « Vision Mondiale travaille activement avec les communautés, les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les organismes de l’ONU, de même qu’avec des compagnies pour trouver des solutions et aider à faciliter l’adaptation aux changements environnementaux. »

Dans l’intervalle, les villes des pays en développement croulent sous les contraintes imposées par l’arrivée de nombreux réfugiés de l’environnement. « Bien des villes sont paralysées, dans l’incapacité de répondre avec la moindre efficacité aux exigencies d’une population en pleine croissance, dont nombre de membres se réfugient dans des bidonvilles », explique le docteur Tony Oliver-Smith, professeur d’anthropologie de Floride.

Cela inclut Oulan-Bator. « Lorsque ma famille est arrivée en ville, nous n’avions ni logis ni nourriture », déclare Choijamts.

Ce dernier a tout vendu pour payer le déménagement de sa famille dans la capitale. À son arrivée, la famille a reçu de la part de Vision Mondiale les matériaux nécessaires à la construction d’une yourte, habitation mongole traditionnelle composée d’un cadre de bois circulaire recouvert de feutre de laine. Grâce aux compétences acquises avec l’aide de Vision Mondiale, il a pu trouver de petits boulots en ville, faisant des travaux de menuiserie et réparant des voitures. Il arrive ainsi à nourrir sa famille.

Chatrabal (à gauche) a été forcé à déménager sa famille dans la ville d’Oulan-Bator après avoir perdu son troupeau entier en raison des conditions météorologiques extrêmes.

Dans les années à venir, le nombre de réfugiés de l’environnement à l’échelle mondiale ne cessera d’augmenter. L’ONU prédit que d’ici 2010, ce nombre pourrait facilement doubler pour atteindre les 50 millions. Selon une étude récente, le continent africain affrontera des sécheresses de plus en plus dévastatrices et pourrait se retrouver avec 25 pour cent moins d’eau d’ici la fin du siècle. De telles pénuries d’eau pourraient provoquer des migrations massives. De plus, des scientifiques prédisent que Tuvalu, un minuscule État insulaire du Pacifique, sera totalement submergé dans moins de 50 ans en raison de l’élévation du niveau de la mer et laissera la population de 11 000 habitants sans-abri.

Choijamts jette un coup d’oeil par la petite fenêtre de sa yourte d’Oulan-Bator vers les vastes plaines où sa famille prospérait.

Il se demande s’il pourra jamais y retourner et transmettre à ses enfants son expérience de gardien de troupeau.« Ce qui s’est produit est une tragédie sans fin », dit-il.

Article publié dans Enfants du Monde, Été 2008.

 

 
 
 
 

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